Un ange
Avez-vous déjà croisé un regard angélique? Un regard d'une bonté inespérée, d'une couleur perçante, un regard qui vous fait rêver? Cette même vision qui vous fait oublier tout sens propre des mots de ce monde qui est le vôtre.
Oubliez la réalité, car j'ai une histoire à vous raconter... Des couleurs, il y en a des millions. Le blanc, c'est l'espoir, le rêve, mais aussi le mot qui abandonnerait le sens premier de mon histoire. Vous savez, lorsque vous vous promenez le soir et que seul le zéphyr peut transpercer vos idées, que vous vous croyez invincible, prêt à toute éventualité, c'était un soir comme cela; je rêvassais.
J'adorais cette brise qui me transportait loin de tous mes problèmes, qui abritait mes secrets. Je me promenais, sans plus, lorsqu'un être, à mes yeux inconnu, tomba du ciel, sur mon chemin. C'était un personnage merveilleux, splendide, recouvert, au dos, de plumes d'une blancheur si vraie.
Il m'apparaissait pourtant comme un homme sans parole, froid et impassible. C'est à ce moment que ma rêvasserie se stoppa, j'étais devant un ange. Ses ailes épanouies se refermèrent sur lui, il me fixait. Il avait ce regard, vous savez ce dont je vous parle.
Sans dire un mot, il me tendit la main. Une main ferme et authentique. Les pensées se renfrognaient en moi, je ne pensais plus. Je la lui offris à mon tour, et me laissai transporter. Je ne voyageais pas par la voie des airs, seulement de la manière la plus simpliste qui soit. Bref, sans trop de détails...
Il n'y avait jamais de mots qui s'en suivaient, ni de phrases. J'étais la proie de cet être fantastique, peut-être celle de mon imagination. Les questions défilaient, mais les réponses n'étaient pas au rendez-vous. J'admirais la pureté qui m'était offerte de voir cet ange de si près.
Soudain, il s'immobilisa. Je cherchais le sens premier de ce geste, j'essayais de voir au travers les ombres. Il n'y avait rien, que lui et moi. Je tentai la parole, en vain. Il continuait à me regarder avec ses yeux enflammés. Il laissa ma main, ainsi que mon admiration, et déploya ses ailes. Feignant la tristesse, il s'envola.
Ainsi, j'étais perdue sous le mystère. À quoi penser? Juste à lui, qui venait de s'enfuir. Soudain, un bruit se fit entendre, tel un grincement sonore. Une porte à la fois vieille et sinistre se débrida de la nuit. À mes yeux émerveillés, c'était une porte où les années se laissaient graver, une porte qui dégageait une atmosphère d'effroi. Il me sembla à coup sûr d'y avoir remarqué des flammes s'y échapper.
Le sentiment de totale liberté qui m'habitait depuis quelques heures venait de faire place au sentiment de culpabilité. Étais-je devant cette porte pour confronter la réalité? Était-ce, par un malheureux hasard, une porte damnée, celle de l'enfer?
C'est à ce moment qu'une petite plume, pourtant si gracieuse, tomba du ciel et se jucha sur mon pied. Une main se posa alors sur mon épaule et, sursautant, je me retournai pour voir que l'histoire ne faisait que commencer. Sans plume.
Texte soumis par Marie-Pier Houle