(photo : http://www.collegemv.qc.ca/fr-ca/Accueil/Le_Cegep/Nos%20nouvelles/2009/secrets_dossements_guy_gauthier/index.aspx?page=3)
Une entrevue avec l’anthropologue Guy Gauthier
Une chronique d’Érika Leduc
Cette semaine, pour compléter ma chronique sur l'anthropologie, Guy Gauthier, anthropologue enseignant au collège Marie-Victorin à Montréal, m'a accordé une entrevue sur l'anthropologie.
Alors, exceptionnellement, mon article sera sous forme de questions et réponses.
Q : Quelle différence faites-vous entre un anthropologue médico-légale et un légiste?
R : L'anthropologue judiciaire et médico-légale s'intéresse au corps dur (os squelette). Mais un médecin légiste lui s'intéresse au corps mou (corps et organes).
Q : Quels sont les pensées qui animent les anthropologues?
R : Que les os peuvent encore témoigner et que le crime parfait n'existe pas.
Q : Que peut nous révéler l'analyse des ossements? En d'autres mots, que pouvons-nous observer en étudiant les ossements?
R : Si la personne était droitière ou gauchère avec l'usure des os. L'utilisation prédominante abîme les os et nous pouvons ainsi constater si la personne était droitière ou gauchère. Nous pouvons aussi savoir si une femme a eu des enfants, l'accouchement laisse des traces sur le bassin de la femme.
Q : L'analyse des os peut-elle nous révéler des choses au sujet de l'agresseur?
R : Si une blessure révèle un indice concernant l’agresseur (par exemple, si la victime a une blessure au bras gauche, cela peut indiquer que l’agresseur était droitier et que la victime a utilisé son bras gauche pour se protéger le visage);
si la personne a été étranglée (dans ce cas, l’os hyoïde est généralement brisé);
Si le démembrement du corps est survenu du vivant (traces de sang sur les vêtements) ou après le décès (absence de traces de sang sur les vêtements de la victime);
• L’anthropologue peut déterminer si l’agresseur était gaucher ou droitier selon l’angle des plaies sur les os. De plus, il peut déterminer la force utilisée ainsi que la taille de l’agresseur en vertu de la profondeur des plaies.
Q : À partir des ossements humains, pouvons nous savoir quelles étaient les activités professionnelles et personnelles de la victime?
R : Oui, même que ça peut nous aider à identifier la victime. Par exemple, une danseuse de ballet va souvent avoir une déformation des pieds. Chez un mécanicien se sont toujours les mêmes os de l'avant bras qui sont usées etc.
Q : Au niveau de l'analyse des os, pouvons-nous savoir qu'une personne était professeur, secrétaire ou autre travail de bureau?
R : Non, nous pouvons seulement diagnostiquer le travail manuel qui peut abîmer les os du corps.
Pour conclure, j'aimerais remercier Guy Gauthier de m'avoir accordé du temps pour la réalisation de cette entrevue. Pour ceux et celles qui aimeraient en savoir plus, je vous invite à lire les livres de Guy Gauthier : «Quand la Science fait Témoigner les morts» et «Secret d'Ossements». Ces livres ne sont pas des romans, ce sont des documents d'enquête basés sur des faits réels comme l'attentat du 11 septembre à New York, comment ils ont fait pour identifier les victimes etc. Vous pouvez aussi assister à une conférence à l'Université de Montréal, le 19 mars prochain, cette conférence est gratuite.
J'espère que cette article vous a permis d'en apprendre davantage sur l'anthropologie judicaire et médico-légale. :-)