Une partie du pont réalisé au CFER de Victoriaville.
Le CFER livre un premier pont
Fabriqué à partir de pylônes d'Hydro-Québec
Le CFER de Victoriaville a présenté, mercredi, le fruit des efforts déployés par ses élèves et son personnel : un pont amovible construit à partir de l'acier provenant de sept pylônes démantelés en avril dernier dans le secteur de Beauport. Une opération à laquelle, on s'en souviendra, ont participé six élèves du CFER accompagnés d'enseignants.
Le démantèlement des pylônes a permis d'acheminer à Victoriaville 56 000 livres d'acier dont une partie a été utilisée dans la construction du pont. «Au CFER, une quinzaine d'élèves ont participé au projet. La construction a débuté en octobre et déjà, à Noël, les trois quarts de l'ouvrage étaient complétés», a indiqué le directeur du CFER, Yves Couture, fier du travail accompli.
Si la première poutre du pont a nécessité trois semaines de travail, le temps de production a été réduit à une semaine pour la deuxième et à une seule journée pour la troisième poutre.
Le bois utilisé pour le tablier du pont provient des poteaux qu'Hydro-Québec met au rebut.
Hydro utilisera le pont fabriqué au CFER pour franchir des cours d'eau présents sur certains chantiers. «Notre pont peut supporter un poids de 15 tonnes. Les camions d'Hydro pourront y circuler sans problème. Il s'agit aussi d'une structure pratique. Le pont peut être déplacé, repositionné et réutilisé, selon les besoins», a signalé M. Couture.
Le pont aura une longue durée de vie, une quinzaine d'années encore pour le bois du tablier, dit-on, et une vingtaine d'années pour la structure de métal, déjà vieille, elle, de 40 ans.
Par ailleurs, les élèves, qui ont participé au projet, ont bien apprécié leur expérience. «Le projet leur a apporté beaucoup en même temps qu'il rejoignait nos valeurs d'engagement, de rigueur et d'efforts», a témoigné l'enseignant David Roux, qui a accompagné les étudiants à Beauport lors du démantèlement des pylônes.
Hydro-Québec, partenaire de longue date
Le CFER de Victoriaville et Hydro-Québec collaborent ensemble depuis une dizaine d'années.
Ainsi, le CFER procède à la revalorisation de toute la quincaillerie de ligne mise au rebut. Annuellement, les élèves traitent 371 tonnes de matériaux.
Le projet des pylônes a germé dans l'esprit de Martin Lavoie, chef de maintenance à Hydro-Québec. «Les gestes que nous posons pourront sauver l'environnement. Nous devons mettre de l'avant nos bonnes idées et les rendre commerciales, a-t-il souligné. Dans ce cas-ci, le travail d'équipe et la volonté de tous ont permis de réaliser le projet.»
Un tel projet de revalorisation des pylônes est d'ailleurs très intéressant au niveau environnemental, a expliqué Marie-Claude Rousseau, conseillère en matières résiduelles à Hydro-Québec. «Le réemploi de l'acier, plutôt que sa fusion en vue d'une réutilisation, est plus intéressant parce qu'il évite une consommation d'énergie et certains impacts environnementaux», a-t-elle mentionné.
La Commission scolaire des Bois-Francs applaudit également une telle initiative. «Le CFER ne cesse d'étonner avec des projets novateurs et de plus en plus audacieux, des projets pédagogiques axés sur le développement durable. Et puis, son personnel demeure constamment à l'affût des partenariats pour se rapprocher du monde du travail», a commenté la présidente Estelle Luneau.
«C'est avec des expériences variées, a-t-elle ajouté, que les jeunes découvrent leur estime de soi et qu'ils pourront prendre leur place dans la collectivité.»
Une suite?
Le premier pont maintenant terminé, le CFER évaluera la situation et le matériel disponible. «Nous pensons avoir du matériel pour construire trois autres ponts. Avec certaines composantes, nous pourrions aussi aller de l'avant avec de plus petites structures, pour les motoneiges ou les VTT, par exemple», a confié le directeur du CFER, Yves Couture.
Mais, pour le moment, l'objectif du premier pont est complété. Pour la suite, on verra selon la demande et les besoins.
Indice : Gala