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Les Canadiens voient encore leurs soldats comme des Casques bleus, dit un sondage

Presse Canadienne Article mis en ligne le 4 septembre 2008 à 23:00
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OTTAWA - Une majorité de Canadiens voient encore leurs soldats essentiellement comme des Casques bleus, et ils préféreraient les voir porter secours à des sinistrés plutôt que participer à des opérations de combat, révèle un sondage réalisé pour le compte du ministère de la Défense.
Les résultats de cette étude, dont La Presse Canadienne a obtenu copie, semblent démontrer que les efforts déployés par le gouvernement conservateur et les militaires pour présenter l'armée comme une force de combat ont échoué. Malgré tout, 71 pour cent des personnes qui ont participé à l'étude sont fières des forces armées canadiennes. Les Québécois et les jeunes âgés de 18 à 24 ans sont les moins susceptibles de partager cette opinion, une donnée inquiétante pour une armée qui cherche à attirer de nouvelles recrues.
"La figure du Casque bleu canadien s'est solidement ancrée dans l'imaginaire du pays depuis la fin de la Guerre de Corée il y a plusieurs décennies", indique l'étude Ipsos Reid dont les conclusions devraient être rendues publiques lundi.
"Les efforts récemment mis en place pour s'éloigner de ce rôle traditionnel en faveur d'un rôle plus actif impliquant le recours à la force n'ont généré que peu d'intérêt et encore moins d'acceptation", ajoute le document.
L'historien militaire Desmond Morton, de l'Université McGill, estime qu'il s'agit de mauvaises nouvelles pour les conservateurs, qui misent gros sur un Canada plus actif sur la scène internationale, notamment en Afghanistan.
Il ajoute que ces résultats pourraient refléter un malaise public envers la mission afghane, qui a jusqu'à ce jour coûté la vie à un peu moins de 100 soldats.
Mais le sondage, qui a été réalisé à partir d'entrevues effectuées au téléphone et en personne, démontre toutefois que les deux tiers des personnes interrogées appuient la mission canadienne en Afghanistan.
Les Canadiens questionnés estiment qu'une armée plus forte est importante, mais ils étaient nettement divisés sur le rôle qu'elle devrait jouer. Ainsi, 92 pour cent d'entre eux ont affirmé qu'elle devrait réagir aux catastrophes naturelles qui surviennent à l'échelle de la planète.
On a ensuite demandé aux participants à un groupe de discussion l'image qui leur vient lorsqu'on mentionne le mot "soldat". L'un d'entre eux a répondu: "Je n'imagine pas un soldat canadien portant une arme."
Et seulement 52 pour cent des personnes interrogées estiment qu'il est important que les soldats canadiens soient parmi les premiers à participer à un conflit international, comme cela s'est produit lors des deux guerres mondiales.
De même, la moitié des participants ont dit que le Canada doit participer aux opérations internationales de sécurité, tandis que l'autre moitié estime que les soldats canadiens devraient essentiellement agir en tant qu'observateurs lors d'un cessez-le-feu.
Un participant s'est aussi plaint que les combats à Kandahar soient en train de changer l'image internationale du Canada.
"Avec l'Afghanistan, nous sommes plus visibles que jamais. Avant nous passions inaperçus. Maintenant nous sommes en Afghanistan et ils nous voient d'une manière différente. Auparavant, nous étions des Casques bleus. Nous ne le sommes plus et ça me fâche."
L'étude a aussi établi que les jeunes sont les plus enclins à ne pas porter attention aux nouvelles militaires, y compris celles en provenance d'Afghanistan.
©Tous droits réservés, nouvelles de la Presse Canadienne

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