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Entrevue avec Raymond Bellavance, un des pionniers du Mont Apic

Article mis en ligne le 12 février 2008 à 17:37
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Entrevue avec Raymond Bellavance, un des pionniers du Mont Apic
Louis-Félix : Qu’est-ce-qui vous a motivé à créer le Centre de glisse régionale de l’Érable à Saint-Pierre-Baptiste?
M. Raymond Bellavance : J’ai été motivé pour occuper les jeunes garçons et les jeunes filles en leur donnant un endroit pour s’amuser ensemble.

L-F : Étiez-vous des adeptes de ski alpin?

M. Raymond Bellavance : Très peu, parce qu’il fallait prendre l’autobus pour aller skier en dehors. C’était assez dispendieux. Alors, à 14-15 ans, je descendais les côtes en ski. Il n’y avait pas de remontées mécaniques.

L-F : Comment avez-vous choisi le site?

M. Raymond Bellavance : En août 1959, mon ami Florian Huot, mon frère Jules et moi, nous avons regardé les cartes de l’armée. Ces cartes topographiques nous indiquent à l’échelle le relief du terrain comme la pente des montagnes et le tracé des routes. Nous savions que, dans les années 40, il y avait déjà eu un remonte-pente à Sainte-Sophie-de-Mégantic et à Inverness. La chaîne de montagnes traverse Saint-Pierre-Baptiste et il y avait un chemin qui longeait le bord de la montagne. Nous avons rencontré le propriétaire, M. Aurélien Nadeau, de ce «pacage» à vache. Sa réponse a été spontanée : Emmenez-en du monde avec plaisir!

L-F : Que signifie le nom Apic?

M Raymond Bellavance : L’idée vient de M. Carrier. Il a dit : «Observe la montagne. Elle se dresse bien droite, c’est à pic». Sur l’ancien logo de la station de ski, il y avait un skieur qui glissait sur le mot APIC.

L-F : Quel était le coût d’une carte de membre?

M. Raymond Bellavance : Ce n’était pas cher.10$ pour la saison ou 0.50 $ pour la journée. Pour le club, il était essentiel de rendre la pratique de ce sport accessible à tous. Avec la participation bénévole de plusieurs membres, c’était réaliste. Il faut dire que l’installation comportait seulement une remontée avec un câble tiré par un moteur de moissonneuse-batteuse.

L-F : Avez- vous une anecdote drôle à nous raconter?

M. Raymond Bellavance : À un moment donné, nous avons choisi de placer un moteur d’automobile en haut. M. Bélisle a retiré les quatre roues. Nous les avons laissées rouler en bas. La deuxième roue a frappé un tas de roches et elle a volé juste devant l’auto d’un curieux.

L-F : Qui étaient vos partenaires dans ce projet? Quel a été leur rôle?

M. Raymond Bellavance : M. Jean Morissette et M. Philippe Lemieux nous ont partagé leur expérience du centre de ski d’Inverness.

M. Robert Salvail a été notre mécanicien. Quand une poulie brisait, il en machinait une nouvelle chez les Producteurs de Sucre du Québec. René et Florien Huot, Léo-Paul et Claude Lafond, Jean–Guy et Émile Brisson ont prêté main forte.

Hervé Provencher fournissait l’autobus défrayé par le Club Optimisme.

Puis, même le petit Goulet (Normand) a fait sa part. À l’âge de 8 ans, il avait la responsabilité de déneiger le stationnement de l’autre côté du chemin avec le tracteur de ses parents.

L F : Décrivez-moi le tout premier chalet?

M. Raymond Bellavance : Nous avions récupéré les bandes d’une patinoire. Ce mini-chalet de 12 ‘’X 12’’ était chauffé avec une fournaise de maison. Il faisait chaud et le goudron coulait de la couverture. Le second chalet a été construit en 2X4. Imagine le transport à travers le toit ouvrant d’une mini – Austin. II avait une finition en croûte de pin et la pec en planche de caisse d’orange.

L-F : Comment étiez-vous organisé pour damer la piste?

M. Raymond Bellavance : À la première descente, chaque skieur devait descendre de côté en escalier.

L-F : Êtes-vous content de son évolution?

M. Raymond Bellavance ; Certainement, c’est la plus belle récompense. Nous craignions qu’il manque de relève. Je suis vraiment heureux de voir des jeunes comme toi profiter de ce sport à prix raisonnable.

L-F : Merci beaucoup M. Bellavance de votre implication pour la jeunesse.

Au revoir,

Louis-Félix Taschereau

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